Quand le Covid-19 menace le rêve d’un élève : obtenir son baccalauréat

Article : Quand le Covid-19 menace le rêve d’un élève : obtenir son baccalauréat
2 juillet 2020

Quand le Covid-19 menace le rêve d’un élève : obtenir son baccalauréat

Mondoblog lance le projet Mondoblog, unis contre le Covid-19, pour raconter l’évolution et les conséque⁸nces de la pandémie de coronavirus du point de vue des Mondoblogueurs sahéliens.


Au Niger, les établissements scolaires ont fermé leurs portes aux élèves du 17 mars au 1er juin 2020. Cette décision faisait partie des mesures préventives prises par le gouvernement au lendemain de l’apparition du premier cas positif au Covid-19 sur le territoire nigérien.
Tantôt c’était la joie pour les élèves habitués à sécher les cours, tantôt c’était la panique pour les autres, surtout ceux en classe d’examen. Les futurs bacheliers vont devoir boucler le programme scolaire avant l’examen prévu le 17 août.

Je connais un jeune lycéen dont la vie quotidienne a été bouleversée et les études menacées par la fermeture de son établissement scolaire. Il s’appelle Amadou Abdou Diori Rachid, élève en classe de terminale à Niamey.

Amadou, lycéen à Niamey

« Je n’avais jamais vécu de crise sanitaire comme celle du coronavirus. La situation m’était inconnue et le fait de voir tous les jours de plus en plus de cas positifs au Covid-19 m’a beaucoup inquiété. Le coronavirus a remis en question toutes nos habitudes de vie, notre quotidien. Les mesures préventives et le confinement surtout, ont créé chez moi une certaine crainte de l’autre. J’étais méfiant car j’avais peur de me faire contaminer. Cela joue sur la moral et cette inquiétude s’est répercutée sur mes études. »

Quand l’arrêt des cours laisse place à la diversion

« Je suis candidat au baccalauréat donc l’arrêt brutal des cours pendant plus de deux mois ne peut pas être sans conséquences sur nos résultats. » En effet, lorsque Amadou s’est retrouvé hors du cadre scolaire, maintenir le même rythme d’apprentissage était difficile pour lui. « Tout un programme aurait dû être établi pour bien garder non seulement ce que j’ai appris mais aussi apprendre le reste du programme scolaire. Mais je ne savais pas comment m’adapter et je me suis un peu trop diverti à regarder la télévision ou à naviguer sur internet. J’ai pris de mauvaises habitudes. Par exemple, j’ai remplacé la lecture par l’écran alors que j’adore lire, c’est une passion. »

Le jeune Amadou a été obligé d’arrêter le sport un temps car les espaces publics ont également fermé. Mais il a beaucoup joué de guitare quand il ne pouvait pas sortir.


Les cours en ligne, une alternative pour éviter une année blanche

Pour que les élèves puissent avancer sur le programme scolaire, les autorités ont envisagé des cours en ligne ou à la télévision. Cette idée a rapidement suscité la polémique sur la Toile: certains responsables pédagogiques et parents d’élèves ont contesté la faisabilité de cette solution pour sauver l’école nigérienne. Pour certains, l’option des cours en ligne aurait défavorisé une majorité d’élèves. Le taux de pénétration d’internet au Niger est l’un des plus faibles du continent 2,10% selon des statistiques de 2017. Seulement 13% de la population bénéficie de l’électricité, selon les responsables de la société en charge de la distribution de l’énergie.

En dépit de toutes les interrogations, des groupes Whatsapp ont été créés par des enseignants pour interagir avec les élèves sur des thèmes d’exposés et ou de leçons. Amadou a eu intégré un de ces groupes.

« Le groupe a été créé par l’administration d’une école de la place et j’ai été ajouté par le proviseur. On avait des exercices à traiter sous la supervision d’un professeur. Nous avons travaillé comme cela durant deux mois et demi avant la réouverture des établissements. L’intégration dans le groupe était contrôlé et il y avait des règles. Aujourd’hui, le groupe de travail est toujours actif sur WhatsApp, notamment pour traiter les sujets des examens du bac des années précédentes. Personnellement, en plus de ces révisions, je me suis fait un tableau avec toutes mes matières pour pouvoir parcourir l’ensemble de mes leçons. »


Amadou fait partie des meilleurs élèves de sa classe et le programme tire à sa fin alors il reste optimiste sur sa réussite au baccalauréat. Il a conclu notre discussion en me confiant que malgré les bouleversements que le coronavirus a instauré dans nos vie, cette période a aussi permis aux gens de prendre du recul et d’apprécier la vraie valeur des liens familiaux.

« Cette situation a donné au monde le temps de mieux observer nos relations, notre rapport à la nature, à l’autre, à notre famille. De façon inattendue, on a été obligé de rester un long moment ensemble. Et puis, c’est important de se dire que nous avons la chance de vivre. »

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